Ayant été, aussi loin que ma conscience politique remonte, sympathisant du parti socialiste, j’ai franchi le pas du vote Udf-Mouvement démocrate lors du premier tour de la présidentielle 2007.
J’ai été, comme beaucoup, séduit par le discours, la posture, et le programme de François Bayrou, notamment par le désormais fameux et à la mode “dépassement du clivage droite-gauche” pour rechercher et mettre en symbiose toutes les compétences nécessaire à notre pays..
Contrairement à beaucoup, je n’ai pas regretté mon vote par la suite, même si je me suis trouvé être en désaccord avec certaines prises de position de François Bayrou, tout en en approuvant la majeure partie, particulièrement sur le plan institutionnel.
J’ai également voté mouvement démocrate aux législatives qui ont suivi, notamment, mais pas exclusivement, par souci de cohérence.
Pour autant, je ne me sens aujourd’hui pas plus qu’hier prisonnier d’un positionnement politique, qui m’aménerait à voter MoDem sans savoir pourquoi, ou pour qui, simplement par habitude.
Je n’ai pas voté pour le tandem aux municipales pour une raison assez simple : Son programme était majoritairement axé et bati sur son bilan. Il est clair que ces dernières années, Strasbourg a vu s’élever un nombre non négligeable de nouveaux équipements, et un nombre conséquent d’autres ont été rénovés.
Sans revenir sur l’imbroglio et le gâchis de l’Aubette, je ne considère pas pour autant que le fait de construire le plus grand Zénith de France, une patinoire dernier cri, ou de vouloir un nouveau stade pour le racing soient des éléments convaincants d’une politique sportive et culturelle audacieuse et universalisante.
On mène une politique culturelle quand on peut se targuer d’avoir amené la culture à des gens - jeunes ou moins jeunes - qui ne la trouvent pas dans leur quotidien. On peut se targuer d’avoir une politique culturelle de la jeunesse quand on amène la culture à l’école, pour reprendre une problématique chère à Jean Louis Agobet.. Rien de tout ça ne m’est apparu clairement dans le bilan du tandem.
On mène une politique sportive quand on se donne la peine de faire poser des filets sur les terrains, qu’on en ouvre l’accès en dehors des périodes électorales (je pense à certains terrains d’Hautepierre, ou de la Rotonde), ou qu’on se dit qu’amener des gosses des quartiers à la Meinau pour la remplir un peu est une bonne idée.
L’intégration par le sport n’est pas une chimère. C’est une réalité qui marche.
Je n’ai pas été touché outre mesure, en revanche, par les accusations de gestion autocratique de la ville ou de la CUS, n’ayant pas eu l’occasion de le constater par moi même, je n’aime pas me fier à des on-dits.
De plus, la mise en action des nouveaux équipements dont Fabienne Keller était si fière m’est apparue, de mon oeil de citoyen, comme pour le moins anticipée, tant les incidents qui ont suivi ont été nombreux, et le sont toujours aujourd’hui (je pense notamment aux nouvelles lignes de tramway.)
J’ai commencé à rencontrer certains membres de l’équipe de Chantal Cutajar à l’occasion des cafés démocrates qui ont précédé son investiture. J’ai été frappé à l’époque par les compétences et le bon sens de beaucoup d’entre eux.
Après l’imbroglio de l’élection interne, et le ridicule des tergiversations qui ont suivi, j’attendais avec impatience un programme qui a mis longtemps - bien trop longtemps selon moi - à couvrir le bruit des dissonances internes, si tant est qu’il l’ai jamais couvert.
J’ai adhéré pleinement à plusieurs points :
-La place retrouvée de la démocratie locale et citoyenne, par l’utilisation accrue du réfédendum local et d’initiative populaire.
-le contournement en arc du centre par le tram, qui permettrait de donner un peu de cohérence et de rapidité au reseau urbain.
-Le Velib’ et l’Autolib’ qui me semblent bien plus appropriés que le projet Illéo du tandem : en effet, j’ai du mal a imaginer qu’un transport fluvial puisse supporter un usage quotidien et non touristique, que ce soit du point de vue de la quantité de strasbourgeois transportés, ou de la rapidité de déplacement.
-L’aide à la caution, la prise en charge du mois de caution locative par la ville, serait une mesure vitale et salvatrice pour un grand nombre d’étudiants, notamment, et de personnes à revenus modérés.
-Le repositionnement des associations au centre de la vie de la cité, pour arrêter de gâcher un nombre incalculable de compétences.
-Le réveil de Strasbourg la nuit, avec la mise en place de lieux festifs, d’une véritable politique de la nuit, et des transports qui vont avec. Il est aberrant, aujourd’hui, de ne pas pouvoir aller prendre un verre après le travail, pour peu que l’on ait des horaires un peu décalés, sans avoir à anticiper le retour pour cause de transport, ou de fermeture des établissements.
On a beaucoup glosé sur la personnalité de Chantal Cutajar, décrite tout à tour comme autoritaire et d’une versatilité quasi névrotique.
J’ai pu la rencontrer lors de ces cafés démocrates, ou lors d’un dîner avec son équipe, elle ne m’est jamais apparue sous ce jour. Peut-être est-ce moi qui suis dans le faux. Mais je tiens trop à mon libre arbitre pour délaisser mon opinion au bénéfice des on-dits.
Je n’ai pas voté Roland Ries, non pas par un désaccord profond avec son programme, mais parce que, d’une part, convaincu de l’intêret extrême de la présence du mouvement démocrate dans la vie politique francaise actuelle, s’ajoutait à mon vote une notion de soutien à la politique d’indépendance et d’accords “à géométrie variable” au niveau national, et d’autre part, parce que la dimension sociale du programme socialiste ne m’apparaissait pas suffisament clairement pour une liste qui souhaite capitaliser sur cette différenciation avec le MoDem.
J’aurais pu envisager de voter pour les verts d’Alain Jund, certains de ses arguments lorsque je l’avais rencontré ayant porté, mais il manquait selon moi au programme des verts une dimension pragmatique à coté des considérations écologiques. Il me manquait cette amalgame que j’ai trouvé dans le programme de Chantal Cutajar et Yann Wehrling.
Est-ce que je regrette mon choix au regard du score de dimanche ou de l’entre deux tours ?
Non.